Protéger la nutrition des familles dans le conflit en Ukraine

30 août 22 | Monde

Déclaration conjointe

L’UNICEF, le Global Nutrition Cluster et ses partenaires demandent aux personnes qui interviennent de près ou de loin dans la crise du conflit en Ukraine de protéger, promouvoir et soutenir l’alimentation et les soins des nourrissons et des jeunes enfants, ainsi que des personnes qui s’en occupent, en tenant  compte des renseignements ci-dessous. 

Ceci est essentiel afin de favoriser la survie, la croissance et le développement de l’enfant et afin de prévenir autant la malnutrition, que les maladies ou les décès. La présente déclaration a été publiée pour assurer une action immédiate, coordonnée et multisectorielle dans le domaine de l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant. 

L’expansion du conflit risque d’aggraver et d’accroître les besoins humanitaires de millions d’Ukrainiens. Les réfugiés, les familles déplacées à l’intérieur de l’Ukraine et les personnes touchées par le conflit dans leur lieu de résidence risquent de se trouver dans des situations extrêmement difficiles et d’être confrontées à des niveaux élevés de stress, d’incertitude et d’insécurité alimentaire, ainsi qu’à des risques de maladies transmissibles et à des menaces importantes à la sécurité.

Recommandations internationales au sujet de l’alimentation  du nourrisson et du jeune enfant :

  • Mettre l’enfant au sein dans l’heure qui suit la naissance
  • Allaitement exclusif pendant les six premiers mois de vie (aucun aliment ni liquide autre que le lait maternel, pas même de l’eau, sauf indication médicale)
  • Introduction d’aliments complémentaires, sûres et nutritionnellement adéquats à partir de l’âge de six mois et adaptés selon l’âge
  • La poursuite de l’allaitement maternel pendant deux ans et au-delà.

Dans toutes les situations d’urgence, les enfants les plus jeunes sont les plus exposés aux maladies et à la mortalité. Les nourrissons qui ne sont pas nourris au sein sont particulièrement vulnérables, car l’accès aux préparations commerciales pour nourrissons (PCN) et à un environnement salubre (ex : eau potable, nettoyage des accessoires, etc.) pour les préparer de manière hygiénique est perturbé.

Cette situation est préoccupante en Ukraine, où les taux d’allaitement exclusif sont faibles et où un grand nombre de nourrissons est partiellement ou totalement dépendant des PCN. 

Les interventions visant à soutenir les mères, les personnes qui prennent soin  d’enfants et les tout-petits doivent refléter les éléments suivants :

  1. En priorité, il faut soutenir les mères pour qu’elles amorcent et poursuivent l’allaitement maternel. D’abord pour aider à protéger leur santé et leur bien-être ainsi que ceux de leurs enfants. Bien que le stress puisse temporairement interférer avec l’écoulement du lait maternel chez certaines femmes, il n’est pas susceptible d’inhiber la production de lait maternel, et ce, à condition que les mères et leur nourrisson restent ensemble et qu’ils soient soutenus pour amorcer et poursuivre un allaitement fréquent. Ce soutien comporte une aide pratique à l’égard de l’attachement et du positionnement pour allaiter, du renforcement de la confiance en soi, de la facilitation du contact peau à peau et de la garantie que le nourrisson et la mère restent ensemble (par exemple, en fournissant des porte-bébés/écharpes). Il est recommandé de recourir à des organisations de soutien et à des intervenant(e)s en l’allaitement qui existent déjà en Ukraine et dans les pays voisins.
  2. Soutenir et protéger les besoins nutritionnels des nourrissons et des jeunes enfants qui ne sont pas allaités au sein et minimiser les risques auxquels ils sont exposés. Les nourrissons qui dépendent exclusivement des PCN sont très vulnérables dans les situations de conflit. Ils doivent être rapidement identifiés et suivis, de toute urgence, à l’aide d’un ensemble de mesures essentielles, notamment : l’accès à des substituts du lait maternel adéquats (préparation en poudre pour nourrissons ou préparation prête à l’emploi), de l’équipement et des fournitures pour la conservation; à la préparation et l’alimentation au gobelet ou à la tasse (en respectant les mesures de salubrité); à une formation pratique sur la préparation et la conservation hygiénique; à des conseils sur l’alimentation adaptée et à un suivi régulier dans les centres Point bleu de l’UNICEF, la Croix-Rouge et les centres de santé. Les mères qui pratiquent l’alimentation mixte doivent recevoir l’encouragement et le soutien nécessaire pour augmenter leur consommation de lait maternel et revenir à l’allaitement exclusif. 
  3. Conformément à la réglementation ukrainienne, ne pas demander, soutenir, accepter ou distribuer de dons de substituts du lait maternel, y compris des PCN, d’autres produits laitiers, des aliments complémentaires commerciaux et du matériel d’alimentation (tels que les biberons, les tétines et les tire-laits). Les substituts du lait maternel requis doivent être achetés (par le soignant ou par l’UNICEF) et fournis dans le cadre d’un ensemble de soins coordonnés basés sur l’évaluation des besoins et doivent être conformes au Code. Le lait humain d’une donneuse ne doit pas être expédié à moins qu’il y ait un besoin identifié en collaboration avec les autorités médicales nationales/locales ou les agences des Nations Unies qui doivent inclure une chaîne du froid fonctionnelle.
  4. Assurer la disponibilité et l’accès continu à des aliments nutritifs et frais et à des produits de base essentiels pour les enfants, les femmes et les familles. Lorsque des lacunes sont identifiées dans l’accès local et la disponibilité des aliments, faciliter l’accès à des aliments complémentaires sûrs et adaptés à l’âge des enfants de 6 à 23 mois, des enfants plus âgés et des personnes qui s’occupent d’eux, en accordant une attention particulière aux femmes enceintes et allaitantes.
  5. Veiller à ce que les femmes enceintes et allaitantes et les autres personnes qui s’occupent de jeunes enfants aient un accès prioritaire à la nourriture et aux articles non alimentaires, incluant les vêtements appropriés, l’eau, la protection, l’hébergement, un soutien psychosocial et d’autres interventions pour répondre à leurs besoins essentiels. Examiner comment les femmes en déplacement peuvent être soutenues pour minimiser la détresse pendant leur voyage. Dans tous les points de service, prévoir des espaces sûrs et confortables pour que les mères puissent nourrir et soigner leurs enfants. 
  6. Identifier les nourrissons, les enfants et les mères à risque élevé et répondre à leurs besoins. Il s’agit notamment des nourrissons présentant une insuffisance pondérale à la naissance (mais pas uniquement) ; des enfants souffrant de malnutrition, y compris les nourrissons de moins de six mois; des enfants qui ont un handicap ou des difficultés  d’alimentation; des enfants exposés au VIH; des orphelins; des mères souffrant de malnutrition ou de maladies graves; des mères qui ont subi un traumatisme; et des cas où les mères ont été séparées de leurs enfants. 

Nous vous encourageons à orienter votre personnel pour le sensibiliser au contenu de cette déclaration.

Veuillez contacter Anna Ziolkovska, spécialiste de la nutrition, Global Nutrition Cluster pour de plus amples informations. aziolkovska@unicef.org

Traduction libre
Crédit photo: Andrey Krepkih 

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