Des avantages du confinement selon une marraine d’allaitement

17 juin 20 | MAQ

 Le confinement est une expérience qui peut être positive et sereine à plusieurs égards, notamment pour les parents d’un enfant allaité ou en position de le devenir, fait remarquer Gabrielle Gauvin, marraine d’allaitement pour l’organisme Entre-mères et monitrice de portage.

À l’heure du déconfinement graduel à l’échelle du Québec, Gabrielle Gauvin expose certains avantages liés au confinement qu’on ne devrait pas oublier de sitôt. Elle n’hésite pas non plus à encourager de courtes périodes de confinement volontaires et ponctuelles qui pourraient être bénéfiques à des familles avec des nourrissons, même après la COVID.

Ralentir pour mieux se rapprocher

Le ralentissement de la société en temps de pandémie a permis à plusieurs de revoir leur liste de priorités. La diminution importante d’activités extérieures de la maison, telles que le travail et les sorties, a représenté pour certains une opportunité de renforcer les liens familiaux et « de se créer un cocon chaleureux ». Ces facteurs semblaient ainsi être au rendez-vous pour les parents qui souhaitaient entamer, poursuivre ou réintroduire leur enfant à l’allaitement, estime Mme Gauvin.

« L’allaitement, c’est une relation intime qui nécessite de prendre son temps. Où le bébé a besoin d’être beaucoup en contact physique avec sa mère, de faire beaucoup de peau à peau. »

D’autant plus que dans un contexte de crise sanitaire, « ce n’est pas le temps d’arrêter [d’allaiter] » étant donné la présence d’anticorps dans le lait maternel.

Une pratique bien répandue, notamment dans les maisons de naissances et dans nombreux hôpitaux, qui favorise l’allaitement est le peau à peau. Il contribue entre autres à stimuler la production du lait chez la mère, à calmer le bébé, à réguler sa température corporelle et son rythme cardiaque, en plus de favoriser la production d’hormones de bien-être autant chez la mère que chez l’enfant.

Le confinement peut ainsi renforcer le lien entre la mère et son bébé de manière supérieure qu’en temps normal, insiste-t-elle. « Il n’y a pas lieu de visites à l’improviste pouvant interrompre une tétée. Et une mère n’a pas à gérer les demandes de faire passer son nourrisson dans les bras des visiteurs sur de longues périodes ». Le confinement peut aussi donner le temps nécessaire aux parents pour passer du tire-lait vers l’allaitement au sein, ajoute-t-elle.

Le portage, un prolongement du peau à peau

Le déconfinement, quant à lui, signifie un retour à un horaire plus chargé et peut amener son lot de défis pour maintenir ce lien de proximité.

Gabrielle Gauvin qui a embrassé le concept du portage, avant même la naissance de son enfant, avance que c’est « la chose la plus logique à faire » parce qu’il incarne un moyen de répondre autant aux besoins de la mère que ceux de son enfant, et ce, en temps opportun.

« C’est un outil qui a contribué à ma santé mentale. Ça dissipe le sentiment d’être tiraillée par le fait d’avoir à choisir entre faire quelque chose pour soi ou pour son bébé. Et en pouvant répondre aux besoins de chacun, cela donne beaucoup de liberté. »

Et la variété des loisirs pour lesquels on peut opter – en allant de la couture au tricot, de la cuisine à la couture, de faire des marches à faire l’épicerie, etc., – tout en portant son bébé facilite grandement les déplacements et l’exécution des activités, relate-t-elle.

Entretenir le lien de proximité est d’ailleurs déterminant sur l’attitude que développera l’enfant envers l’allaitement, raconte Mme Gauvin. Une étude suédoise menée auprès de plus d’une centaine de nouveaux-nés pendant six ans a conclu que le peau à peau est une approche efficace qui encourage les bébés les plus réticents à prendre le sein. Tout simplement en les calmant – ce qui supprime les blocages internes de l’enfant qui l’empêchaient d’aller à la recherche du mamelon. (Source : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23497501/)

Les besoins sociaux d’un bébé

S’il est naturel pour de nouveaux parents émus de vouloir présenter promptement leur progéniture à leur entourage, le confinement peut représenter aussi un moment unique pour créer de bases solides pour son enfant.

Gabrielle qui a poursuivi ses activités en tant que marraine d’allaitement durant la crise de la COVID-19 a constaté une crainte qui avait tendance à revenir chez des parents, soit que le confinement puisse avoir un effet négatif sur leur enfant en le rendant moins sociable, voire asocial.

Si l’isolement social découlant de la crise sanitaire affectent plusieurs, Gabrielle s’est toutefois empressée de déconstruire cette croyance et rassurer les parents. « Le confinement n’est pas un problème pour le nouveau-né : un bébé, n’a pas besoin de socialiser. Il a besoin avant tout de recevoir l’affection et l’amour de ses parents ce qui va lui permettre d’explorer (avec assurance) le monde plus tard. »

D’ailleurs, une exposition sociale moins fréquente permet de protéger les jeunes bébés non seulement de la COVID-19, mais de tout virus en général, rappelle Mme Gauvin. Cela représente ainsi une approche préventive que devraient privilégier les nouveaux parents – même en période post-COVID – dans la mesure du possible, selon elle.

Gabrielle Gauvin est marraine d’allaitement et monitrice de portage auprès des familles. Elle aussi est membre de l’Institut National du Portage des Enfants (INPE) et responsable aux affaires internes du MAQ. À titre d’information, voici sa page FB : https://www.facebook.com/gabrielle.portage/ 


Rédigé par Karina Sanchez 

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